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Päivitetty 1.1.2002  –  Palautteet

Virittäjä-lehti  >  Hakemistot  >  Kirjoitukset ja tiivistelmät: 4/1998 (102)

Outi Tiainen (outi.tiainen@helsinki.fi)

LA CONDUITE DES RÉFÉRENTS DANS LE DISCOURS

L'article a pour objet la continuité référentielle dans le discours parlé, plus précisément la question de savoir comment dans certaines unités de discours on renvoie successivement au même référent. La présente étude se concentre sur les formes référentielles de troisième personne. Les problèmes de recherches sont posés dans le cadre de l'approche fonctionnelle du discours (cf. Du Bois 1987). En gros, deux types de questions sont examinées: d'une part, comment les référents ayant de la continuité sont-ils introduits dans le texte et d'autre part, comment décrire les qualités syntaxiques et les qualités lexicales des chaînes référentielles?

L'auteur réfléchit d'abord sur les problèmes méthodologiques qui concernent l'étude des corpus de conversation. Comme hypothèse de travail, il est proposé d'observer la continuité référentielle en premier lieu dans une unité d'un tour de parole, et éventuellement d'étendre l'observation dans une séquence formée par deux ou plusieurs tours de parole adjacents. Les données sont tirées de corpus (les émissions interactives de radio) selon le critère que la chaîne est formée au moins par trois syntagmes nominaux régis dans les constructions verbales. Ensuite les exemples attestés (96) sont étiquetés selon la classe sémantique du référent, c'est-à-dire animé ou inanimé. La répartition des chaînes au référent animé et inanimé dans le corpus ainsi que les longueurs moyennes (et maximales) des chaînes indiquent, comme on pouvait s'y attendre, que les référents animés ont un rôle plus important que les inanimés dans le discours (cf. Givón 1983a).

L'étude des chaînes commence par l'examen des mentions initiales pour voir s'il y a une corrélation entre le statut informationnel des SN et leur position par rapport au verbe recteur. Il est constaté que pour les SN au référent inanimé la position (avant ou après le verbe) varie considérablement selon l'accès au référent dans le contexte en question. Par contre, la position des SN qui introduisent un référent animé se révèle peu sensible au statut informationnel de SN, de sorte que, le plus souvent, une chaîne ayant un référent animé s'amorce directement avec un SN préverbal.

Ensuite on aborde la question de savoir quelles fonctions syntaxiques sont assurées par les SN qui conduisent des référents importants dans le discours. L'analyse porte particulièrement sur les fonctions syntaxiques des SN qui occupent la position préverbale dans les constructions (position T(opique) en finnois; cf. Vilkuna 1989, 1995) et sur les liens entre les différentes fonctions. On montre que pour les chaînes au référent animé et au référent inanimé, les profils des fonctions syntaxiques se dessinent différemment. Pour les premières, les liens les plus pointus du profil sont ceux qui se créent entre les sujets de la construction transitive et les sujets de la construction intransitive qui assument le rôle sémantique agent. En revanche, les chaînes au référent inanimé créent typiquement des liens entre les sujets de la construction attributive, les sujets non agents de la construction intransitive et les compléments d'objet de la construction transitive. Bref, les liens entre les différentes fonctions syntaxiques sont dans les chaînes au référents animé de type d'un modèle accusatif; quant aux chaînes au référent inanimé, ils ont plutôt un trait ergatif dans leur profil syntaxique.

Enfin, l'article réfléchit sur la variation des formes référentielles à l'intérieur des chaînes. Au milieu d'une chaîne, les SN sont connus de leur statut informationnel; de ce fait, on peut considérer les formes pronominales (éventuellement aussi les formes zéros) comme le cas par défaut. Pourtant, dans les chaînes au référent animé, le nombre de formes lexicales, notamment de type nom propre, est surprenant. L'auteur cherche l'explication à ce phénomène dans le point de vue de l'analyse conversationnelle. Etant donné l'organisation normale des conversations en tours de parole, les tours narratifs sont exceptionnellement longs. Ainsi peut-on supposer que dans une situation de conversation, la variation inattendue des formes référentielles sert au locuteur de stratégie pour garder la parole et mener le récit à son terme.