KKS:n ja Virittäjän yhteiselle aloitussivulle

KKS:n esittelyKKS:n kokouksetKKS:n säännötKKS:n väkiKKS:n arkistotVirittäjän esittelyVirittäjän verkkolehtiVirittäjän hakemistotVirittäjän toimitusVirittäjän toimitusneuvostoVirittäjän ohjeetVirittäjän tilauksetIn English

 

Päivitetty 1.1.2002  –  Palautteet

Virittäjä-lehti  >  Hakemistot  >  Kirjoitukset ja tiivistelmät: 1/2000 (104)

Martti Nyman (University of Helsinki; martti.nyman@helsinki.fi)

LA 'MAIN INVISIBLE' ET L'ÉPISTÉMOLOGIE DE LA LINGUISTIQUE

Un consensus existe au sein des linguistes, au moins au niveau épistémologique, pour penser qu'il n'y a aucun algorithme régissant le changement linguistique. Certains scientifiques (notamment, Lass 1980) en ont même tiré la conclusion que la linguistique historique manque de toute puissance explicative et base scientifique. Esa Itkonen, dans une revue très sobre (1981), précisa que le changement linguistique s'explique de la manière traditionnelle, c'est à dire, par des raisons physiologiques, psychologiques et fonctionnelles. Dans une version de ce modèle, le changement linguistique est conçu comme une action rationnelle dont le but est de résoudre un certain problème fonctionnel qui assaille le code de langue. Un exemple de problème fonctionnel pourrait être une situation dans laquelle un signifié est encodé par plusieurs signifiants. Voir Anttila (1989; 1993); Itkonen (1982; 1983; 1984).

Il a été signalé par l'auteur de ces lignes (Nyman 1994a) que dans le modèle traditionnel, le changement linguistique se conçoit comme une action volontaire exécutée par la masse parlante. D'autre part, la masse parlante est conçue comme un individu rationnel qui vit dans monde composé de faits linguistiques qu'il connaît parfaitement et qu'il peut manipuler afin d'améliorer et de raffiner le code de langue. L'acteur téléologique possède également une volonté qui dirige son action, et une épistémologie qui lui permet d'évaluer des options et de faire des choix.

Dans cet article, nous voudrions proposer une approche très différente. Notre modèle se concentre avant tout sur la variation »aveugle» ou fortuite qui résulte en tant que conséquence involontaire de la façon dont la masse parlante se servit de leur langue maternelle dans la vie quotidienne. Le mécanisme qui provoque la variation linguistique est, en dernière analyse, celui qualifié par Adam Smith de »main invisible» (Keller 1990).

Le premier chapitre contient une caractérisation générale de la main invisible. Il est signalé, entre autres, que la variation résulte de l'accumulation mécanique des actions convergentes. En soi, donc, le mécanisme n'actualise aucun but préétabli. Les variations qui émergent du mécanisme cumulatif peuvent subir des processus sémiotiques (semiosis).

Le deuxième chapitre se compose de trois sections. Dans la première, nous confrontons notre approche avec l'explication rationnelle et abordons la question de la rationalité inconsciente (Itkonen 1982; 1983; 1984). Nous en concluons que le principe de la rationalité inconsciente est très problématique. Dans la deuxième section, nous essayons de prouver que notre modèle est de même nature que le modèle émergentiste proposé par Urho Määttä (1999). Dans la troisième section, nous traitons le phénomène qualifié de fausseté naturaliste (naturalistic fallacy). Cette »misconception» abductive, très caractéristique du raisonnement journalier, tend à engendrer une attitude normative. Le phénomène s'exemplifie par le mot finnois montaa 'plusieurs' qui, après avoir été rejeté par les grammairiens prescriptifs, a été intronisé par le Bureau de la langue finnoise (en 1995).

Le troisième chapitre suggère une conception dynamique du langage. D'une part, le modèle devrait rendre justice à la dichotomie langue / parole saussurienne &emdash; une dichotomie analytique que nous considérons très utile et même nécessaire. D'autre part, notre modèle doit pouvoir faire face à l'hétérogénéité et au pluralisme linguistiques qui caractérisent la vie de chaque langage. Nous faisons la proposition que le concept du capital symbolique (Bourdieu 1991) est plein de promesses à cet égard.